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Pourquoi la reprise de la guerre religieuse de 1620 à 1629 ? |
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L'assassinat d'Henri IV en mai 1610, le renvoi de ses conseillers par la régente Marie de Médicis, et la réorientation de la politique extérieure dans une direction plus favorable à l'Espagne, ont fait naître des inquiétudes dans le parti protestant qui, par réflexe défensif, s'est regroupé sous l'autorité d'Henri de Rohan, gendre de Sully. Pour les conseillers de Louis XIII, l'Édit de Nantes a le défaut majeur d'avoir permis l'émergence d'un État dans l'État. Avec les places de sûreté, le parti protestant dispose d'une force militaire qui inquiète le pouvoir royal. Les assemblées politiques mettent entre les mains de l'aristocratie un dangereux outil de contestation naturellement honni par des légistes partisans de l'édification d'une monarchie absolue. La reprise de la guerre est liée à l'expédition menée par Louis XIII en Béarn, fin 1 620, pour imposer le respect intégral de l'Édit de Nantes dans cette province. Ensuite, les opérations essentielles se déroulent dans le Languedoc et le Poitou. La dernière phase est marquée par la détermination de Richelieu, chef du Conseil depuis août 1624, qui entend « ruiner le parti huguenot » selon les termes de son testament politique. La Rochelle, grande place commerciale de 25 000 habitants, considérée comme la capitale de cet état virtuel parce qu'accueillant souvent les assemblées réformées, concentre sur elle toute l'agressivité par son radicalisme religieux, sa volonté affichée d'autonomie politique tant intérieure (par la défense sourcilleuse de ses privilèges) qu'extérieure (par sa prétention à nouer des contacts directs avec les puissances protestantes européennes). Dénoncée comme Amsterdam, Babylone ou bastion avancé de l'Angleterre, elle est devenue la figure emblématique à abattre. Le siège de La Rochelle (octobre 1627-octobre 1628), rendu célèbre par la construction d'une digue qui empêche la marine anglaise d'apporter son aide et force la cité à capituler, marque les esprits. Si le culte réformé est maintenu et la messe catholique enfin rétablie, les privilèges de la ville sont abolis et ses remparts rasés. Le ravage de Privas dans le Languedoc contraint les huguenots à solliciter la paix. L'édit de grâce d'Alès du 28 juin 1629 confirme les dispositions religieuses et juridiques de l'Édit de Nantes, mais supprime les privilèges politiques (assemblées) et militaires (places de sûreté). Cet échec oblige les protestants à redéfinir complètement leur stratégie politique en misant dorénavant la survie de leur statut sur un loyalisme indéfectible envers la monarchie. |